Maison du Projet Rives de Saône : ce n’est pas raisonnable !
Le 17 octobre dernier, en Conseil du Grand Lyon, était présenté une demande d’augmentation de l’autorisation de programme concernant le projet “Rives de Saône”.
Je suis intervenue pour faire part de notre désapprobation concernant le surcoût du projet lié à la seule création de la “Maison du Projet”. La majorité de notre groupe s’est abstenu sur ce augmentation.
“Monsieur le Président, chers collègues, comme l’a dit Marc Augoyard, dans le cadre de ce grand projet d’aménagement des Rives de Saône, vous nous présentez aujourd’hui une demande d’augmentation de l’autorisation de programme et mon intervention ne portera également que sur la seule maison du projet sur laquelle nous avons également un problème de principe.
Avec l’enveloppe prévisionnelle que nous avions déjà votée en janvier 2011, nous arrivons à un total de plus de 800 000 €. A l’heure où les ressources publiques sont rares, où nous devons peser l’utilité de chaque dépense publique, je m’interroge sur la pertinence d’ajouter encore 300 000 € dans cette maison du projet.
On nous présente effectivement un beau projet architectural qui sera placé sur le quai Saint Antoine, à l’angle avec le pont Maréchal Juin, sur le parking Saint Antoine actuel. Déjà, cela ne va pas sans poser quelques difficultés : il faudra renforcer la structure du quai pour pouvoir supporter le poids de la maison. Mais ensuite que faire de la maison ? La mettre ailleurs puisqu’il est prévu, dans le projet, de déplacer le parking Saint Antoine pour aménager les berges et donc le détruire. Nous allons donc financer le renforcement de la structure porteuse de la maison du projet sur un parking qui a vocation à être détruit très vite. On peut donc se demander s’il n’est pas possible de trouver une solution moins coûteuse, moins compliquée, moins architecturale.
A ma question sur le coût de la péniche du projet pour les berges du Rhône antérieurement, il m’a été répondu en commission que cette péniche avait beaucoup de défauts : elle avait coûté cher, elle n’était pas accessible ‑c’est vrai, cela avait été souligné par un certain nombre d’associations‑ et il n’y avait pas de toilettes. Mais, à l’époque, la concertation a tout de même été poursuivie sur cette péniche et le projet mené à son terme vaille que vaille. Je suis d’accord pour que l’on tire les enseignements de l’expérience passée, que les conditions de travail et d’accessibilité soient bonnes pour tout le monde et que l’information, la concertation sur le projet soient faites. Cependant, nous ne sommes pas obligés de passer d’un extrême à l’autre.
Vous savez que, lundi dernier, en commission urbanisme, ce dossier a fait l’objet d’un vaste débat. J’imagine ce que penseront les contribuables de cette installation de belle facture, certes, mais provisoire pour 800 000 € sur un emplacement ayant vocation à être détruit. Je peux vous le résumer : ce n’est pas raisonnable !
Alors pourquoi poursuivre ce projet de maison sous cette forme ? Ne peut-on pas trouver un lieu moins coûteux et affecter peut-être cette dépense à d’autres budgets qui semblent manquer de fonds, comme la voirie de proximité ou la future dotation de solidarité communautaire qui, avec 20 M€ semble parfois un peu sous-estimée ; ou alors j’adhère complètement à l’idée excellente, proposée par Marc Augoyard du groupe Centriste et démocrate, du palais Saint Jean.
Nous nous associons également à leur demande de faire un vote séparé sur les deux questions de manière à pouvoir nous exprimer différemment, bien évidemment, sur le projet global et cette seule maison du projet.”



